Des membres du projet MEREAF sont intervenus à plusieurs reprises dans la presse à propos de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest. Comment l’épidémie, la réponse humanitaire et surtout les réactions de défiance ou d’adhésion des populations portent-elles la trace du passé?
Pour une réflexion plus étoffée dans le contexte de la zone frontalière Guinée-Libéria-Sierra Léone, lire sur le site de la revue d’anthropologie Limn.
Voire aussi pour un cadrage plus général sur la “santé globale”, l’intervention de Guillaume Lachenal dans Libération, traduite en anglais pour le blog Somatosphere.
Dans le cadre du cinquantenaire de Niakhar, l’anthropologue Ashley Ouvrier, post-doctorante dans le cadre du projet MEREAF, a réalisé une exposition photographique.
Entre enquête ethnographique et photographie, l’exposition s’intéresse aux traces affectives et matérielles qu’ont laissées cinq décennies de recherche scientifique dans les trajectoires de vies et les histoires familiales des habitants de ce territoire. Loin des colloques internationaux et des querelles scientifiques, sur place,on se remémore la recherche au travers de rencontres et de services rendus sur le terrain. La science est progressivement devenue une affaire quotidienne et transgénérationelle. Les souvenirs s’inscrivent dans les corps de ceux qui portent les prénoms et noms des figures scientifiques de passage. Les habitants de la région qui ont pu être soignés ou embauchés par un projet, deviennent les étendards d’une science dont on souhaite qu’elle prenne soin autant qu’elle expérimente. La mémoire apparaît alors comme le marqueur d’un moment de partage où les statuts d’enquêteurs et d’enquêtés disparaissent pour laisser place à la subjectivité de chacun.Personnages de l’ombre d’une recherche scientifique qui se lit à l’international, les habitants et les enquêteurs de la zone de Niakhar sont ici mis au premier plan. L’esthétique de ces portraits s’oppose aux instantanés exotisants et misérabilistes qui dépeignent souvent l’Afrique rurale. Les histoires singulières de ces hommes et de ces femmes nous invitent à porter un autre regard sur la recherche en Afrique.
Le projet MEREAF présente ses résultats méthodologiques et théoriques dans le cadre d’une publication collective, fruit des travaux du séminaire Mémoire des sciences, traces du développement, organisé par SPHERE et le CEMAf (IMAf) entre 2011-12 et 2012-13.
Il s’agit d’un numéro spécial de la revue Politique Africaine, dirigé par Guillaume Lachenal et Aïssatou Mbodj-Pouye, qui est paru à l’automne 2014.
Politiques de la nostalgie. Présentation du Numéro 135 de la revue Politique Africaine.
L’Afrique serait-elle nostalgique ? Le passé est y souvent évoqué comme un temps des possibles. L’idée même de développement est devenue un objet de nostalgie, porteur de projections et d’anticipations désormais révolues. Que faire de propos qui sont difficiles à entendre, surtout quand ils expriment un regret du colonialisme ou des régimes autoritaires ?
Le Café Géopolitique de la FPAE vous invite à une présentation du numéro de Politique Africaine consacré aux Politiques de la nostalgie en Afrique. En parcourant les enquêtes réunies dans le numéro, entre histoire et anthropologie, il s’agit de discuter de la manière dont la nostalgie s’ancre matériellement dans des paysages, des bâtiments et des objets. Comment la nostalgie fait-elle du passé, et des futurs qu’il contient, une ressource critique, un réservoir de possibles en même temps qu’un champ de luttes politiques ?
Le numéro est disponible en ligne ici: https://www.cairn.info/revue-politique-africaine-2014-3.htm